12 February 2006
Carte de la Slovaquie
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09 February 2006
Analyse République Tchèque
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
Nous avons passé 15 jours en République Tchèque dans les villes de Olomouc et Prague.
Je ne cache pas ma déception car nous sommes un peu passé « à côté » de ce pays. Seulement deux villes, une famille d’accueil à Olomouc et quelques jours avec deux jeunes journalistes à Prague, c’est peu !
Et c’est le problème que nous allons rencontrer tout au long du voyage. Mais c’est encore le début de notre aventure et nous ne sommes pas encore tout à fait au point. Il faut ajouter que l’hiver est pour nous un réel problème. Il nous limite aux grandes villes et aux grands axes routiers.
Néanmoins, pour une « mise en jambe », nous avons tout de même réussi à réaliser 9 interventions dans les lycées. Ces dernières ont concerné des lycéens de section bilingue français et anglais. Des jeunes comme chez nous avec lesquels nous avons passés de très bons moments.
Pourtant, en règle générale, nous les sentirons beaucoup plus résignés que les jeunes que nous avons l’habitude de côtoyer en France. Il est très clair qu’on ne leur avait jamais présenté la démocratie comme nous l’avons fait et qu’ils se sont presque étonnés à l’idée qu’ils pouvaient aussi s’impliquer ou réaliser des projets dans leur société, en bref qu’ils peuvent être des citoyens actifs.
Une jeunesse entre pessimisme
et résignation
Lorsque je dis résignés, il faut même y ajouter pessimistes. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque durant notre première intervention, à la question « comment voyez vous l’Union européenne dans 30 ans ? Comment aimeriez-vous la voir ? » la réponse d’un jeune homme de 18 ans fut la suivante : « de toute manière, dans 30 ans, l’Union européenne n’existera plus ! Nous sommes trop différents, nous n’arriverons pas à nous entendre. » Mes efforts réussiront à lui faire voir d’autres possibilités avec un point de vue renouvelé, mais tout de même !
La résignation précoce de ces jeunes est troublante, voir inquiétante. Elle est sûrement le fruit de leur éducation, celle d’une génération qui a vécue sous le communisme et habituée à subir les événements plus qu’à pouvoir les influencer. La conséquence de cette résignation est simple : ces jeunes n’ont quasiment aucun idéal, sont plutôt pessimistes et n’imaginent pas une seconde qu’ils puissent avoir une influence sur le cour des choses.
Du coup ils n’ont jamais pensé à ce qu’ils pouvaient -eux- souhaiter, et comment ils aimeraient voir l’Europe, le monde. Nous ajouterons également que leurs connaissances sur l’Union européenne étaient inexistantes. Les programmes scolaires n’ont sans doute pas eu le temps de s’adapter.
Mais tout de même ! A coup sûr ces jeunes risquent de ne pas être le « fer de lance » d’une Union européenne plus intégrée. Ils pensent tout d’abord à leur pays ou à le fuir. Ils ne pensent pas à l’Europe. Et si on leur parle de l’Union européenne, c’est à leurs yeux une construction économique qui permet -entre autre- de voyager plus facilement et d’avoir des opportunités à l’étranger. Rien de plus !
Jamais nous ne rencontrerons un jeune qui évoquera l’idéal européen de communauté politique supérieure. Et lorsque nous expliquons que c’est cet idéal qui est à l’origine de la construction européenne, on nous regarde avec de gros yeux, voire on peine à nous croire.
Bon voyage !
Nous avons tout de même la satisfaction de constater que nos interventions ont un impact évident. D’ailleurs, nous avons un argument de choix : notre voyage, notre projet est la meilleure preuve qu’il est possible de réaliser ses rêves à condition de s’investir et de travailler. Un commentaire d’une élève sur notre blog nous apportera une satisfaction supplémentaire après notre première intervention : « C’est une super idée ! Je suis une des élèves d’Olomuc et je voudrais vous dire merci que vous êtes venu chez nous. Votre point de vue m’a vraiment inspiré, alors merci ! Et BON VOYAGE ! » Tereza Machacikova.
Pour terminer sur les deux villes que nous avons fréquentées, Olomouc et Prague, ainsi que les routes que nous avons empruntées, il est indéniable que la République Tchèque est un beau pays et qu’on s’y sent pleinement chez soit, en Europe. La ville de Prague est impressionnante de beauté même si le trop plein de touristes lui donne un côté « Disneyland » dommageable. Néanmoins c’est une ville internationale, très culturelle, une ville phare, qui attire. Tous les jeunes nous ont dit leur rêve d’aller étudier, travailler ou vivre à Prague.
Quant aux tchèques, que j’ai peu fréquenté, je les ai senti plutôt calmes, sans ambition ni frustration particulière, contrairement aux Polonais, par exemple. Ils répètent simplement, assez souvent, que la République Tchèque est « petite » et qu’elle ne peut réussir toute seule. Le besoin d’Europe est donc bien présent. Reste un travail immense en terme d’explication technique et historique de l’Union européenne ainsi que de réflexion sur les enjeux de notre avenir commun.
PIERPAOLI Michel
-LA REPUBLIQUE TCHEQUE, EN BREF :
Son nom :
« Cechy » (i. e : Tchéquie), en référence à Cech, héros éponyme (i. e : ’’qui donne son nom’’) et ancêtre mythique du peuple tchèque, lorsqu’il vint s’installer dans le pays de Bohême (légende médiévale).
Superficie :
Environ 78 900 km².
Drapeau :
La République tchèque a conservé le drapeau tricolore de l’ancienne fédération tchécoslovaque, fondé sur les couleurs panslaves (XIXème siècle).
Les bandes blanches et rouges peuvent faire référence à la Bohême (et à ses armoiries médiévales), le triangle bleu à la Moravie.
Fête nationale :
Tous les 28 octobre (commémoration de la proclamation de l’indépendance, en 1918).
Capitale :
Prague (en tchèque : Praha ; i. e : ’’les essarts’’), aujourd’hui plus d’un million d’habitants.
Principales grandes villes :
Brno, Hradlec Kralove, Liberec, Olomouc, Ostrava, Plzen, Usti nad Labem, etc.
Population :
Environ 10,3 millions d’habitants (dont près de 97% de tchèques, moraves et minorités slovaques).
Langues parlées :
tchèque (langue officielle) avec des minorités slovaques, polonaises, ruthéno-ukrainiennes, hongroises, tziganes (roms) et germanophones.
Religions principales :
Catholicisme (environ 50%), Protestantisme (environ 20%), autres (environ 30%).
Adhésion à l’UE :
Effective le 1er mai 2004 ; une candidature pour adhésion officiellement déposée en janvier 1996 et des négociations d’adhésions ayant commencé en 1998.
(NB : Adhésion effective après ratification du peuple tchèque -par référendum- les 13 et 14 juin 2003, avec 77,33% de OUI).
Formalités de séjour :
Pour séjourner en République tchèque, il vous suffit d’avoir un passeport en cours de validité. Mais, pour les séjours en RTC de plus de trois mois, un visa est nécessaire.
(NB : La République tchèque participe aux programmes communautaires SOCRATES, LEONARDO DA VINCI & JEUNESSE).
Régime politique :
La République tchèque est une démocratie parlementaire où le pouvoir législatif est détenu par un Parlement bicaméral composé de deux chambres : une Chambre basse (la Chambre des Députés) et une Chambre haute (le Sénat), lesquelles réunies en Congrès élisent conjointement le Président de la république, tous les cinq ans (mandat renouvelable une fois).
Actuel chef de l’Etat (Président de la République) :
Vaclav Klaus (Conservateur, parti ’’civique démocratique’’ ODS).
Actuel chef du gouvernement (Premier ministre) :
Jiri Paroubek (Socialiste, parti ’’social-démocrate’’ CSSD).
Monnaie :
Couronne tchèque (1 CK = 100 haleru).
Entrée dans la zone euro prévue pour 2010 (1 CK = 0,035 Euros).
Economie :
La RTC a pour principales ressources naturelles l’anthracite, le charbon, l’argile et le graphite.
Parmi les pays néo-entrants de 2004, elle fait partie des Etats dont le niveau économique est le plus élevé avec un PNB annuel de 2730 Euros par habitants (23660 Euros pour la France) et avec un salaire mensuel moyen brut de 430 Euros (2200 en France).
Un peu d’Histoire :
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Les armoiries de la République tchèque
Après dix siècles passés dans le giron du Saint Empire romain germanique puis sous la domination impériale des Habsbourg d’Autriche, les pays tchèques (ancien royaume médiéval de Bohême) obtinrent leur indépendance en 1918, dans le cadre de la république tchécoslovaque.Après la seconde guerre mondiale puis la période communiste, il fallu attendre 1989 (la révolution de velours) et 1993 (la séparation d’avec la Slovaquie) pour que soit proclamée la République tchèque, entrée dans l’UE en mai 2004.
Personnages célèbres :
St Wenceslas, ’’Vaclav’’ en langue tchèque (Roi de la Bohême médiévale, au Xème siècle), Charles IV de Luxembourg (Roi de Bohême et Empereur germanique, au XIVème siècle), Jan Hus (Prédicateur et réformateur du XVème siècle), Jan Amos Komensky dit Comenius (Humaniste et pédagogue du XVIIème siècle, dont l’université slovaque de Bratislava porte le nom), Albrecht von Wallenstein (Chef militaire et Homme politique du XVIIème siècle),
les Erudits Frantisek Palacky, Josef Jungmann, Frantisek Celakovsky (’’Eveilleurs’’ de la conscience nationale tchèque et codificateurs de la langue tchèque, au XIXème siècle), Bedrich Smetana, Antonin Dvorak & Leos Janacek (compositeurs), Alfons Mucha (artiste peintre), Jaroslav Hasek, Karel Kapek, Franz Kafka & Milan Kundera (écrivains),
Tomas Garrigue Masaryk, Edvard Benes, Alexander Dubcek -d’ailleurs plutôt slovaque que tchèque- et Vaclav Havel (hommes politiques du XXème siècle), Milos Forman (cinéaste), etc.
Pour en savoir plus (Informations pratiques et agenda culturel ) :
www.centretchèque.org, www.visitczechia.cz et www.czech.cz
Sources images et photos: http://fr.wikipedia.org
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08 February 2006
CALENDAR - KALENDARZ - KALENDAR
The calendar of our trip:
Way until Republic Tcheque: from 1 to 2 of December 2005 (2 days); 1000 km
REPUBLIC TCHEQUE: December 3, 2005 - January 11, 2005 (20 days); 1390 km
SLOVAKIA: January 12, 2005 - January 29, 2006 (18 days); 650 km
HUNGARY: January 30, 2006 - February 19, 2006 (21 days); 1443 km
ITALY: February 20, 2006 – February 25, 2006 (6 days); 600 km
SLOVENIA: February 26, 2006 – March 11, 2006 (14 days); 583 km
CROATIA: March 12, 2006 - March 26, 2006 (15 days); 1552 km
BOSNIE-HERZEGOVINE: March 27, 2006 - April 10, 2006 (15 days); 1051 km
SERBIA-MONTENEGRO: April 11, 2006 - April 27, 2006 (17 days); 2480 km
ALBANIA: April 28, 2006 - May 12, 2006 (15 days); 981 km
MACEDOINE: May 13, 2006 - May 27, 2006 (15 days); 1047 km
ROMANIA: May 28, 2006 – June 18, 2006 (22 days); 2828 km
BULGARIA: June 19, 2006 – July 5, 2006 (17 days); 1942 km
TURKEY - CYPRUS: July 6, 2006 - August 31, 2006 (57 days); Km to be recomputed because of Cyprus moreover
UKRAINE: September 1, 2006 - September 24, 2006 (24 days) km to be recomputed
MOLDAVIE: September 25, 2006 – October 7, 2006 (15 days); Km to be recomputed
ESTONIA: October 8, 2006 - October 22, 2006 (15 days); 1260 km
LATVIA: October 23, 2006 - November 7, 2006 (16 days); 1482 km
LITHUANIA: November 8, 2006 - November 23, 2006 (16 days); 1220 km
POLAND: November 24, 2006 - December 29, 2006 (32 days); 3462 km
Way back to France: December 30, 2006 – December 31, 2006 (2 days); 1000 km
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CALENDRIER - CALENDAR - CALENDARIO
Notre itinéraire de voyage:
Trajet jusqu’en République Tchèque :Durée : 14 au 15 décembre 2005 (2jours) ; 1000km
REPUBLIQUE TCHEQUE: 15 décembre 2005 – 11 janvier 2006 (20 jours); 1390 Km
SLOVAQUIE : 12 janvier 2006 – 29 janvier 2006 (18 jours) ; 650 Km
HONGRIE : 30 janvier 2006 – 19 février 2006 (21 jours) ; 1443 KmITALIE : 20 février 2006 – 25 février 2006 (6 jours) ; 600 km
SLOVENIE : 26 février 2006 – 11 mars 2006 (14 jours) ; 583 Km
CROATIE : 12 mars 2006 – 26 mars 2006 (15 jours) ; 1552 Km
BOSNIE-HERZEGOVINE : 27 mars 2006 – 10 avril 2006 (15 jours) ; 1051 Km
SERBIE-MONTENEGRO : 11 avril 2006 – 27 avril 2006 (17 jours) ; 2480 Km
ALBANIE : 28 avril 2006 – 12 mai 2006 (15 jours) ; 981 Km
MACEDOINE: 13 mai 2006 – 27 mai 2006 (15 jours) ; 1047 Km
ROUMANIE : 28 mai 2006 – 18 juin 2006 (22 jours) ; 2828 Km
BULGARIE : 19 juin 2006 – 5 juillet 2006 (17 jours) ; 1942 Km
TURQUIE - CHYPRE : 6 juillet 2006 – 31 août 2006 (57 jours) ; le Kilométrage est à recalculer du fait de l’ajout de Chypre.
UKRAINE : 1 septembre 2006 – 24 septembre 2006 (24 jours) Km à recalculer
MOLDAVIE : 25 septembre 2006 – 7 octobre 2006 (13 jours) ; Km à recalculer
ESTONIE: 8 octobre 2006 – 22 octobre 2006 (15 jours); 1260 Km
LETTONIE: 23 octobre 2006 – 7 novembre 2006 (16 jours); 1482 Km
LITUANIE: 8 novembre 2006 – 23 novembre 2006 (16 jours); 1220 Km
POLOGNE: 27 novembre 2006 – 29 décembre 2006 (32 jours); 3462 Km
Trajet Retour de Pologne en France :Durée : 30 au 31 décembre 2006 (2jours) ; 1000 km
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République Tchèque, Prague
Séjour: 2 - 12 janvier 2006
Nous sommes restés 8 jours à Prague. Ayant passé plus de deux semaines en compagnie de Tchèques et de Polonais, nous aspirons à une petite pause. Avoir du temps pour travailler, relater nos expériences, s’occuper de notre paperasserie administrative, envoyer nos mails aux écoles et différents contacts, lire et se reposer.
Nous arrivons de nuit dans la capitale tchèque, ce qui ne facilite pas notre galère habituelle, celle de trouver une place bien située pour notre camionnette, pas trop loin du centre ville et, avant tout, non payante. Nous trouverons, non sans mal, notre bonheur dans une zone résidentielle. Yves va rester dans la voiture car il est affaibli depuis hier.
Je partirais à la découverte du quartier et à la recherche d’un « bankomat ». Il fait froid. Je trouve un distributeur, le « bankomat », retire de l’argent, puis cherche un bar oú pouvoir commencer à travailler. Il s’agit de trouver celui qui ferme le plus tard possible. Je me décide pour l’un d’entre eux. Excellente surprise lorsque la serveuse, qui parle anglais, me répond que je viens d’atterrir dans un « non-stop bar », c'est-à-dire, ouvert 24h sur 24h. Parfait ! Deux personnes seulement dans la salle. Pas de quoi être dérangé ! Sauf, bien sûr, par la musique beaucoup trop forte ! Mais je possède contre la pollution sonore ce qui est à mes yeux l’une des plus utiles invention de l’être humain, des boules quies ! Je ne sors jamais sans elles et ce soir, une fois de plus, elles vont me sauvegarder du bruit et de la fureur.
A la télé retransmission d’un match de hockey, le sport national. Je pense immédiatement à notre ami Jan de Olomouc qui nous avait raconté une petite anecdote interculturelle amusante. Il a séjourné six mois en France lors d’un échange Erasmus (programme de l’Union européenne qui permet de réaliser une partie de ses études à l’étranger). Alors que se déroulait la finale d’un championnat de hockey de première importance et que ses amis tchèques, restés au pays, le tenaient en haleine par SMS, Jan a passé toute son après-midi à chercher un bar qui retransmettait ce match capital. Sans succès ! Il nous a avoué son désarroi et son incompréhension totale face á un tel non sens. Comment est-il possible qu’aucun bar ne diffuse la grande finale de ce match de hockey ? La réponse est simple : en France, pour être tout à fait franc, on se fiche pas mal du hockey, même si nous n’avons rien contre. Si Jan est un fan de hockey c’est davantage du fait de sa nationalité tchèque que du fait qu’il est normal d’être un fan de hockey. Voilà une bonne expérience interculturelle que nous reprendrons lors de nos interventions devant les jeunes tchèques et les jeunes Slovaques.
Après deux jours de travail dans les bars « non-stop », j’irai, le premier, m’aventurer dans le centre ville qui se trouve à une demi heure à pied de notre camionnette. Je n’y resterai pas longtemps. D’abord impressionné par la beauté de l’architecture, je ressens rapidement une impression étrange à mesure que le flux de touristes se fait plus important.
En plein centre, sur la superbe place principale, le beau se transforme en faux. La masse des touristes transforme le contexte en un immense parc d’attraction. Prague ou Disneyland ? J’emprunte rapidement la rue qui mène au pont Charles, rue que l’on pourrait intitulée la « touristika via », avec son flux ininterrompu de touristes et ses magasins de souvenirs dont je n’ai même pas besoin de faire la description. Je jette un coup d’œil au pont et je me sauve au plus vite.
Je trouve un « Point information service » où je me renseigne sur la localisation de la bibliothèque nationale, des lycées bilingues et des Internet cafés. Nous n’avons besoin de rien d’autre. Je retourne à notre camionnette et je finirai la soirée avec Yves, qui commence à récupérer ses forces, dans un non-stop bar. En fait, toute la rue où nous nous trouvons est une sorte de « non-stop street ». C’est la rue Konévova située dans le quartier de Zizkov - Praha 3. Petites supérettes « non-stop », « bazar-non-stop », et les « Herna-bar non-stop » (Herna signifie machine à sous).
Au bout de six jours passés dans notre camionnette et dans les « Herna-bar non-stop », agrémentés de quelques petits tours au centre ville, nous réussissons enfin à obtenir un rendez-vous avec une jeune journaliste tchèque que nous avions rencontrée à Bruxelles. Fort sympathique, elle nous offre l’hospitalité. Nous ne nous faisons pas prier. Les retrouvailles avec la douche seront particulièrement touchantes ! Nous passerons de bons moments en compagnie de Katerina, 28 ans, qui travaille à la radio locale et de sa colocataire, Héléna, 27 ans, qui parle un très bon français à l’accent suisse, après avoir passé trois ans à Genève. Nous pourrons continuer notre travail, recharger notre batterie à décharge lente et visiter le quartier de « Praha 2 », notamment l’atypique « tour de Prague ». Avec ses 217 mètres de hauteur et son architecture toute droite sortie d’un film de science fiction, on peut s’imaginer l’espace d’un instant avoir atterri sur la planète Mars.
Enfin, grâce à Valérie Hamelin, la lectrice de Olomouc, qui a prévenu ses collègues de Prague, nous réaliserons quatre interventions dans le célèbre lycée Jana Nerudy. La professeur qui nous a reçue fut particulièrement chaleureuse et nous serons même invités par certains jeunes à prolonger la discussion autour d’un verre dans un pub du coin. Excellent souvenir !
Malheureusement notre séjour en République tchèque finira sur une mauvaise note. Nous avons passé cinq nuits chez les deux journalistes, mais nous avons toujours mangé notre propre nourriture et même offert plusieurs repas à nos hôtes. Malgré cela nous trouverons le matin de notre départ, une note nous réclamant 20 euros pour l’électricité, ce qui équivaut, en France, à réclamer 50 euros !!! Décidément, quelle hospitalité pour deux jeunes femmes célibataires qui gagnent plutôt bien leur vie. Et puis demander de la sorte, le dernier jour, sur un bout de papier, quelques heures avant notre départ, de notre vie nous n’avions jamais vécu un tel précédent !
Nous déciderons donc de ne pas attendre Katerina qui devait rentrer à midi et nous partons, déçus de ce que nous interpréterons comme une radinerie excessive doublée d’une hypocrisie certaine. Lorsqu’on connaît les origines sociales de nos hôtes, notamment l’une d’entre elles dont l’oncle est le chef d’un parti politique qui va sans doute lui permettre de devenir le futur président de Slovaquie, on se dit que l’adage selon lequel « ce sont ceux qui en ont le moins qui donnent le plus » ne doit pas être totalement infondé ! Dommage ! Même si nous savons que tout ne peut être toujours parfait, nous n’aimons vraiment pas ce type de situation. Mais n’y pensons plus ! Nous nous dirigeons à présent vers Bratislava, la capitale de la Slovaquie, distante de plus de 400 km.
Michel
michelpierpaoli@yahoo.fr
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