03 June 2006
Livre Erasme, paix.
PLAIDOYER POUR
LA PAIX (1516)
« Je ne vois que ténèbres dans toutes les choses humaines »
Nulle part ne règne le véritable allié de la paix : « le souci du bien commun »
Le plus fort du texte est de montrer que l’homme NE VEUT PAS la paix, précurseur du Discours sur la servitude volontaire de La Boétie, en 1574 (s’il y a des tyrans ne serait-ce pas que la base ne souhaite pas
véritablement les éliminer ?), ce petit livre dénonce sans complaisance touts les méfaits de la guerre et en particulier la futilité des raisons que l’on invoque pour la réaliser. Dans le texte c’est la paix qui s’exprime à la première personne. Néanmoins il faut prendre garde à la date à laquelle ce livre a été écrit et pour qui (il etait destiné aux princes européens) car l’auteur s’attarde à vouloir rassembler les chrétiens, au risque de leur demander de se battre en commun contre les Turcs. Mais le texte garde toute son actualité si l’on se concentre à remplacer le terme de « chrétiens » par « être humains ». D’ailleurs Erasme n’est pas en reste sur ce point et son message est celui d’un humaniste avant l’heure car c’est bien la concorde entre les hommes qu’il recherche, au-delà de celle des chrétiens.
TEXTE :
Le message du Christ semble être celui de la paix « quiconque annonce le christ annonce la paix. Quiconque annonce la guerre annonce celui qui est aux antipodes du christ. »
« Les mortels peuvent bien masquer cette maladie qui est la leur de n’importe quel prétexte : s’ils n’aimaient pas la guerre, ils ne se déchireraient pas entre eux en des guerres continuelles. »
« Tous les écrits des chrétiens, qu’on lise l’Ancien ou le Nouveau Testaments, ne crient qu’une chose : paix et union des cœurs, et la vie entière de tous les chrétiens n’est consacrée qu’à la guerre ! »
« O cœurs plus durs que le diamant ! Vous avez tant de choses en commun, et des vies si inexplicablement désunies ! Les mêmes lois président à votre naissance. Tous, vous êtes devant la nécessité de vieillir et de mourir. Tous ces hommes tirent leur origine de la même source, leur religion a le même fondateur, ils ont été rachetés par le même sang, ils sont initiés aux mêmes mystères, ils se nourrissent des mêmes sacrements. Et les fruits de ces sacrements viennent de la même source, ils sont également répandus sur tous, Tous, ils ont la même Eglise. Enfin tous attendent la même récompense. Bien plus, cette fameuse Jérusalem céleste vers laquelle soupirent tous les vrais chrétiens tire son nom d’une vision de paix, dont l’Eglise, ici-bas, offre l’image. Alors comment se fait-il que cette Eglise diffère à ce point de son modèle ? Le Christ en personne a pu si peu, malgré tant de préceptes, tant de mystères, tant de symboles ? Selon le proverbe, le mal lui-même parvient à réunir les méchants, et les chrétiens, ni le bien ni le mal ne parvient à les unir ? Quoi de plus bref, de plus fragile que la vie humaine ? Que de maladies, que d’accidents la menacent ! Et pourtant, en dépit des maux intolérables qui lui sont consubstantiellement attachés, la plus grande partie de ses malheurs, ce sont les hommes eux-mêmes qui, dans leur folie, l’attirent sur eux. Un tel aveuglement obscurcit l’âme des hommes qu’ils ne voient rien venir et travaillent, tête baissée, à rompre, déchirer, briser tous liens, tous les pactes tissés par la nature et le Christ. Ils se combattent sans trêves et de tous côtés, sans mesures ni fin. Les peuples se déchirent entres eux, les cités entre elles, les partis entre eux, les princes entre eux, et, par la faute de la sottise ou de l’ambition de deux malheureux hommes qui bientôt seront morts comme toute chose éphémère, la vie des hommes est totalement bouleversée. »
« Passons sur les tragédies des guerres anciennes. Rappelons simplement celles qui ont été menées ces dix dernières années. De 1506 à 1617, en effet, et dans la seule Europe, d’innombrables conflits se déchaînent : Jules II attaque Bologne et Pérouse en 1506 ; la coalition de Cambrai se noue contre Venise en 1509 ; Jules II, encore, attaque l’Emilie en 1510 et promulgue la Lega Santa contre la France. Les Espagnols combattent les Médicis à Florence et conquièrent Pampelune en Navarre. En 1513, Louis XII envahit la Lombardie ; ses alliés vénitiens subissent une défaite à Vicence ; une invasion anglaise à lieu dans le nord de la France. En 1515, François Ier envahit l’Italie : victorieux à Marignan, les Français entrent dans Milan. En 1516, Maximilien Ier entre en campagne contre les Vénitiens et les Français ; Léon X conquiert le duché d’Urbino ; la Sicile et la Navarre sont en lutte contre l’Espagne… »
« Et que dire quand on songe que les auteurs de tels agissements vont plus loin en férocité que les bêtes féroces elles-mêmes ? Toutes les bêtes sauvages ne se battent pas. Il n’y a de lutte qu’entre espèces différentes, fait déjà évoqué, et à répéter encore et encore pour mieux imprimer cette vérité dans les esprits. La vipère ne mord pas la vipère, le lynx ne déchire pas le lynx. Et, lorsque ces bêtes se battent, c’est avec les armes propres de leur espèce. Mais les hommes, nés sans armes, de quelles armes, Dieu immortel, les munit la colère ! C’est au moyen de machines infernales que des chrétiens assaillent des chrétiens. Est-il croyable que ce soient des hommes qui aient inventé les canons ? Les bêtes, elles, ne se ruent pas au massacre réciproque en troupes aussi denses ! A-t-on jamais vu dix lions s’attaquer à dix taureaux ? Que de fois, au contraire, voit-on vingt mille hommes porter le fer contre autant d’hommes ! On aime tant à se blesser, à vider un frère de son sang ! Les bêtes, elles, ne combattent que si la faim ou le souci de leur progéniture les met en rage ; or quelle injure est assez légère aux yeux des chrétiens pour ne pas apparaître comme un bon prétexte de guerre ? »
« Comment, je vous le demande, dans les célébrations faites à l’armée, un soldat peut-il dire le Notre Père ? Bouche insensible, tu oses l’appeler « Père », toi qui veux transpercer la gorge de ton frère ? Que ton nom soit sanctifié : peut-on davantage souiller le nom de Dieu qu’avec de telles violences ? Que ton règne vienne : c’est là ta prière, toi qui édifies ton pouvoir tyrannique sur un flot de sang ? Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel : Lui veut la paix, et toi tu fais la guerre ! Tu demandes au Père de tous les hommes ton pain quotidien, toi qui brûles les moissons de tes frères et qui aimes mieux mourir que de lui être utile ? De quel front diras-tu encore : et remets-nous notre dette, comme nous la remettons à nos débiteurs, toi qui te hâtes vers le fratricide ? Tu pries Dieu d’écarter de toi le danger de la tentation, toi qui te mets en danger pour mieux mettre en danger ton frère ? Tu demandes à être libéré du mal, quand l’instinct du mal te pousse à faire le plus grand mal à ton frère ? »
Que ceux qui trouvent ici une bonne occasion de dénoncer l’hypocrisie de la religion s’amusent à remplacer les prières d’antan par celles d’aujourd’hui. Quels maux et motifs insidieux ne se cachent pas souvent derrière de belles intentions comme « la démocratie », « les programmes de développement », « la promotion des droits de l’homme », « la non-prolifération nucléaire », « la défense du pouvoir d’achat », « le patriotisme économique », « la lutte pour la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes », « la lutte pour un monde plus juste et moins inégalitaire », etc. Je laisse Erasme répondre :
« Mais j’entends depuis quelque temps les excuses données pas des hommes dont les ressources pour se faire du mal sont infinies. Ils se plaignent d’être contraints à la guerre, d’y être entraînés malgré eux. Oublie le rôle que tu joues, élimine le fard, et regarde au fond de ton cœur ; tu trouveras que ce sont la colère, l’ambition, la sottise qui t’y ont entraîné, et non la nécessité, à moins que tu n’appelles nécessité le besoin de voir tous tes désirs satisfaits. »
« Si nous voulons amener les Turcs à se convertir au christianisme, soyons d’abord nous-même des chrétiens ! Jamais ils n’accepteront une religion qui se présente ainsi ; jamais ils ne croiront, s’ils voient que nulle part plus que chez les chrétiens ne s’exerce la fureur de ce que le Christ a exécré par-dessus tout »
De même ici, il faut remplacer « christianisme » par « démocratie », « droits de l’homme » ou encore « économie de marché ». Si tels sont les bons remèdes, les autres hommes devraient finir par nous suivrent. Si ce n’est pas le cas, c’est que ce ne sont pas les bons remèdes ou, tout simplement, qu’ils ne sont pas correctement appliqués…
Un livre à méditer et, malheureusement, toujours d’actualité.
Michel
Source photo: http://www.arlea.fr
16:40 Posted in LIVRES | Permalink | Comments (0)
02 June 2006
Mostar, Bosnie-Herzegovine
Ce matin nous passerons enfin la frontière après avoir acheté la fameuse « Green card » qui coûte 36 euros (72 marks convertibles, la monnaie en cours en Bosnie-Herzégovine). Nous ne tarderons pas à rencontrer la différence sur notre route : une mosquée ! En voir une en "vraie", c'est la premiere fois! De construction très simple : un petit bâtiment de forme carré avec une coupole au dessus et, sur le côté, un minaret. Le tout de couleur blanche, sauf la pointe du minaret en métal noir ou vert. Ce qui est assez déroutant, c’est que celle-ci, et toutes celles que nous allons rencontrer sur notre route, sont situées au milieux de villages qui ressemblent à des villages français, allemands, polonais ou slovène. Mais dans ces villages, pas d’église, une mosquée ! Neanmoins attention, nous sommes dans la Fédération bosno-croate et cela veut dire qu’il y a aussi des villages croates. On ne peut pas se tromper lorsque nous en traversons un. Le drapeau croate est accroché aux poteaux électriques et on ne trouve pas de mosquée mais une église puisque, le plus souvent, les Croates sont catholiques. Voilà le premier aperçu d’un pays où la situation est extrêmement compliquée.
En effet, la Bosnie-Herzégovine est divisée en deux parties : la Fédération bosno-croate (majoritairement composée de bosniaques le plus souvent de confession musulmane et de Croates le plus souvent de confession catholique) et la Républiqua Srebska (majoritairement composée de Serbes le plus souvent de confession orthodoxe). Le pays fût le plus durement touché par les guerres balkaniques (plus de 220000 morts, massacre de Sebrenica, etc) et la paix règne enfin depuis les accords de Dayton en 1995. Mais ces accords ont entériné la division ethnique du pays et ce dernier est toujours une sorte de "colonie", de "protectorat européen" où le représentant de l’ONU qui « dirige » le pays détient un pouvoir quasi absolu. Enfin, la force militaire de 6000 hommes qui se trouve sur place, dirigée par l’Union européenne, l’EUFOR, a pour mission de maintenir l’ordre.
Après ce bref aperçu de la situation, nous arrivons donc à Mostar, ville symbolique de part sa division entre Croates catholiques et Bosniaques musulmans. La guerre y fût particulièrement rude et les destructions immenses. Le symbole de la ville, le « Vieux pont » qui reliait les parties croates et bosniaques de la ville, fût reconstruit et a été inauguré en 2004. Depuis, cette ville magnifique est devenue très touristique. Et c’est vrai qu’elle est belle, Mostar, magnifique même ! Un paysage de petites montagnes, une ville traversée par une rivière à la couleur bleue-verte, des mosquées flambant neuves, toutes en pierre, vraiment magnifiques (financées par de nombreux pays musulmans), une atmosphère orientale agréable, un vieux quartier riche de magasins à souvenirs vraiment originaux, et le Vieux pont, avec sa voûte brisée, tout simplement superbe… le tout sous un soleil radieux ! Pour nous le voyage commence enfin, ici, en Bosnie-Herzégovine, car nous sommes, pour la première fois, confronté à de la vraie différence.
Dès notre arrivée nous sommes abordés, aux abords d’une agence de tourisme, par la propriétaire qui parle français et semble en être très fière. Elle nous propose la visite d’une mosquée, la plus grande de la ville, le tout gratuitement. L’intérieur est vraiment beau, l’art oriental nous comble par ses couleurs et sa différence. Nous montons dans le minaret et contemplons le panorama de la ville, notamment le « Vieux pont » que nous voyons pour la première fois. Nous dînerons ensuite dans un restaurant, les fameux Pita burek avec leur pain spécial et la bière locale, la « sarajevsko pivo » (pivo veut dire bière, comme dans tous les pays de langue slave). Nous retrouvons des prix attractifs, après la Slovénie et la Croatie qui étaient beaucoup plus chers que les autres pays d’Europe centrale que nous avons traversés jusqu’à présent. Nous payerons avec les Kunas croates qui nous restaient et on nous rendra la monnaie en Mark convertibles et en euro… c’est l’Europe avant l’Europe ici ! Passent devant le restaurant des militaires avec un ecusson européen et français. Je vais les aborder et leur demander la permission de les prendre en photo. Ils seront très aimables et après plusieurs questions prendront même l’adresse de notre blog. Dix minutes après, d’autres militaires passent, cette fois ecusson européen et allemand. Je les prendrais aussi en photo. C’est notre première confrontation avec l’EUFOR et nous tombons sur le « couple franco-allemand ».
Nous passons du côté ouest de la ville avec pour objectif le Centre culturel français où Céline, la directrice, nous attend. De ce côté, comme de l’autre, beaucoup de ruines, des bâtiments éventrés recouverts d’impacts de balles. Depuis Vukovar, nous y sommes maintenant habitués. C’est la partie croate de la ville et comme pour défier les nombreuses mosquées qui se trouvent de l’autre côté, une église en béton, toute neuve elle aussi (c’est d’ailleurs l’une des seules églises), élance son clocher à une hauteur impressionnante. Et, peut-être pour combler le manque d’église, une immense croix se dresse sur la montagne en arrière fond, à une hauteur visible de très loin.
Nous trouvons le Centre et sommes bien accueillis par Céline. Elle a organisé pour nous une intervention dans une école. Le soir, elle nous emmène à Abrasevic, un centre culturel où se trouve le seul cinéma de la ville. Nous y regarderons un film en espagnol, sous-titré en serbo-croate, une comédie tragique sur la seconde guerre mondiale. Un excellent film, projeté dans une salle rudimentaire à l’aide d’un projecteur d’époque. Le dépaysement est complet ! A la sortie, nous croisons d’autres militaires, cette fois ecusson européen et espagnol. Yves discute quelques minutes avec eux et, comme de bien entendu, je prends la désormais traditionnelle photo. On nous propose de garer notre camionnette dans l’enceinte de cet endroit entièrement géré par des jeunes, ce que nous acceptons avec joie. Nous y resterons une bonne semaine, avec douche, sanitaire et Internet à disposition. Royal !
Nous réalisons notre intervention le lendemain dans une école primaire avec des élèves de 10 à 14 ans. Incroyablement réceptifs, ils parlent tous un très bon anglais, ce qui nous dispensera d’avoir recours à notre interprète. Ces jeunes sont ouverts et curieux et nous donnent beaucoup de satisfaction. De plus, comme d’habitude lorsque nous sommes confrontés à des jeunes durant nos interventions, je suis toujours frappé par l’impossibilité totale de deviner leur nationalité d’origine. Ils pourraient très bien être français ou hongrois, il faut les entendre parler pour savoir qu’ils sont… encore faut-il reconnaître la langue ! Ici on parle une langue slave qui ressemble comme deux gouttes d’eau au slovène, au croate, au serbe, au macédonien, au bulgare, mais aussi au polonais, au tchèque, au slovaque et au russe, même si la différence est plus marquée avec ces quatre dernières langues. Alors, en plus, lorsqu’on vous dit que les jeunes qui sont devant vous sont musulmans !!! Je fais le pari que plus d’un français aurait du mal à croire qu’ils le sont vraiment, ses clichés en étant totalement bouleversés en voyant ces enfants tout à fait semblables aux siens. Décidément les Européens me font doucement rigoler! Ils s’attachent à des différences qu’ils imaginent immenses alors qu’ils se ressemblent tellement! Je leur conseille vivement d’aller faire un tour dans un village animiste africain, en Chine, au Groenland ou en Inde et ils comprendront ce que c’est que la vraie différence… et encore ! Si vous allez à Shangaï ou à New Delhi, la différence commence à s’estomper rapidement. Quoi qu’il en soit, ce fût l’une de nos meilleures interventions et ces jeunes nous laissent plein d’espoir à notre départ.
Nous restons à Mostar jusqu’au vendredi, jour de notre départ pour Sarajevo. Nous passerons nos journées à visiter la ville, travailler et discuter avec les jeunes d’Abrasevic. Nous croiserons encore des militaires belges, et même un marocain ! Au début je ne réussi pas à deviner l'ecusson au dessus du drapeau européen sur son épaule. Je m’approche et je constate, à ma grande surprise, que c’est le drapeau marocain. Je discuterais avec lui quelques instants. J’en déduis logiquement que même si l’EUFOR est à majorité composée de soldats européens, elle est, en fait, une sorte de force des Nations unies sous commandement européen avec un recrutement de militaires plus international.
Nous constatons aussi que beaucoup de pays ont apporté leur soutien à la reconstruction de la ville. Les mosquées financées par l’Arabie saoudite ou la Turquie, les bains publics par l’Italie, un pont de pierre par le Duché du Luxembourg, un centre de jeune par l’Espagne, etc.
Enfin, comme nous sommes dans un endroit « protégé » et que le soleil est radieux, nous en profiterons pour faire le premier "grand ménage" de notre camionnette. On peut le dire, c’était vraiment le bordel! Une bonne après-midi consacrée à cette tache ne sera pas de trop pour venir à bout de notre opération rangement et nettoyage !
Le départ est difficile car nous avions des conditions de séjour vraiment optimales dans cette ville magnifique. Mostar nous laisse un excellent souvenir de beauté et de différence. Il est temps de partir pour Sarajevo, la célèbre capitale de la Bosnie-Herzégovine.
Michel
11:10 Posted in Où sommes-nous? | Permalink | Comments (1)
01 June 2006
Bosnie-Herzégovine
20:05 Posted in Cartes - Maps | Permalink | Comments (0)
29 May 2006
Our project in bulgarian
Мечта за Европа
“Мечта за Европа” е проект, целта на който е да помири три увлечения: страстта към пътешествията, чрез които се открива различна културна логика на структуриране на личността; страстта към учението; и накрая, но не на последно място - страстта към изграждането на обединена Европа.
Това, което ни вдъхновява е едно глобално виждане за изграждането на личността и нейното вписване в определен политически проект. Според нас, светът днес изисква комплексен и междукултурен подход към личността; подход, на който Европейския проект предоставя всички възможности за пълно процъфтяване.
Европейското гражданство в своята същност е мултикултурно гражданство, но пред него все още стои задачата да изгради интелигенцията на съществуващата социална сложност. Изглежда, че нейното изграждане не може да избегне сблъсъка с непознатото, както на интелектуално, така и на физическо ниво. По този начин, чрез нашето пътешествие, ние се стремим да продължим една логика, която поддържаме от няколко години – например да акцентираме върху познанието ни за чуждото и дори за самите нас, което да ни направи способни да предадем идеята за комплексността и логиката на строежа на личността. Това е едно от главните предизвикателства пред Европейския съюз, който все още изпитва затруднения по определянето на собствената си идентичност. А тя трябва да е комплексна и мултикултурна и като такава да надминава, но не и да поставя под съмнение процеса на изграждане на национална идентичност.
Днес Европейският съюз е на път да приеме своята Конституция и така да даде плътност да общите ценности, които отстоява, чрез един политически проект. Все пак има рязък контраст между идеята на европейците за Европейско гражданство и неговото реално съдържание. Настоящ началник-бюро по въпросите на Европейската конституция в една област на Франция е поредно доказателство за това как националната определеност доминира при определяне начина на мислене.
Никой не ноже да предскаже дългосрочните последици от френското и холандското отхвърляне на Конституцията, но едно е сигурно: явната криза в Европейския съюз е значителна и трайна. Все пак ние сме убедени, че Европейското гражданство носи у себе си ценностите и логиката на световното гражданство. Поради тази причина Европейския проект безспорно води до прогрес, както европейски така и световен, и затова трябва да развиваме нашите способности за интеграция и разбиране, но и за преживяване и споделяне на Европейското приключение. Ето защо ролята на обучението е от изначална важност. То трябва да обединява в себе си “комплексната мисъл”( виж работата на Едгар Мори по тази тема) и междукултурната, например практиката на чужди езици и няколко пребивавания в чужбина.
Главната цел на нашето пътешествие е да опзнаваме и разбираме, с цел да преподаваме новите ни познания и разбирания. Разполагайки с необходимия опит за подобна кампания (виж CV-та) ние ще вземем участие( голямата приспособимост и гъвкавост ще ни улесни да отговаряме на различни въпроси и изисквания) в колежи и средни училища в държавите, през които минаваме, с цел да проведем няколко междукултурни дейности засягащи проблемите по Европейското гражданство. (детайли по темата могат да бъдат намерени във файла на нашия проект “Мечта за Европа”, който може да бъде свален от : http://reve-europe.blogspirit.com)
Проектът “Мечта за Европа” е под патронажа на Съвета на Европа по програма “2005, Европейска година на Гражданството чрез обучение”.
Осъществени са следните обучителни интервенции: 9 в Чехия; 14 в Словакия; 7 в Унгария.
Следователно целта на нашето пътешествие: чисто и просто да съчетаваме практическо с теоретично и да преподаваме междукултурна комплексност и логика с цел да усетим по-силно Европейската си идентичност от придобитото познание.
Двамата главни героя в пътешествието
Мюле, Ив: на 24 години, с френска националност по бащина линия и с полска – по майчина линия, магистър по Френски език. Имайки зад гърба си много пътувания в чужбина, той практически прекарва 6 месеца в Испания като студент по програмата “Еразъм” и след това като професор в Университета на Ciudad-Real. Прекарва 6 месеца в Германия като професор във Френския институт в Лайпциг, (отбелязваме само нашите дълги престои в чужбина, допринесли за професионалния ни опит). Миналата година е водел като професор френски чуждоезиков курс на обучение в университета в Нанси. Бил е също така и президент на Младите Европейци от Нанси и като такъв е работел по програма “Европа в училище”. Говори полски, немски, испански и английски.
Пиерпаоли, Мишел: на 25 години, с френска националност, завършва Сорбоната тази година с магистър по Европейски науки. Историк по образование, Мишел познава Германия добре, но също и от това че няколко пъти е работил във Франкфурт-на-Майн. Освен това е участвал в Европейската Доброволческа Служба в Полша, 6 месеца в Катовице. Работил е в Европейския младежки регионален информационен център и е изнасял обучителни интервенции в полски училища. Миналата година е бил отговорен за осъществяването на проекта на Младите Френски Европейци, наречен “Европа в училище”. Този проект е финансиран от Министерство на образованието и Съвета на Европа. Мишел говори английски и има добро ниво на владеена на полски и немски.
Маршрут на пътешествието
Маршрутът на нашия проект ще е следният: Чехия, Словакия, Унгария ( Малта ще бъде пропусната поради необходимостта от по-високи пътни разноски ), Словения, Хърватска, Босна и Херцеговина, Албания, Македония и Сърбия и Черна гора. След това ще продължим с бъдещите членове на ЕС през 2007г.: България и Румъния. Няма да бъдат пропуснати също и: Турция, Кипър, Молдова, Украйна, Литва, Латвия, Естония и Полша.(Беларус ще бъде пропусната поради властващия там режим).
Времетраене на пътешествието
Нашето желание е да пропатуваме през тези 21 страни за 9 месеца. Покривайки това географско пространство в ограничено време, въпреки важността на всяка една държава, ние си позволяваме да отделим по 15 дни на по-малките по площ страни(Словения, Естония и т.н.) и по 30 дни на по-големите( Полша, Турция и т.н.).
Транспортни средства
Имайки огромното желание да запазим чистата свобода на мобилност, ние се надяваме предвижването ни да се осъществява с голям ван, който да ни служи за дом на колела (спланя, “офис”, склад за храни и материали и т.н.). Ще имаме и две колела на наше разположение. Купихме си също и Ford Transit FT 190, който префасонирахме в къмпинг-кола. Може да видите някои снимки от “реконстукцията” му на сайта http://reve-europe.blogspirit.com
Бюджет
Общия бюджет възлиза приблизително на 26500 евро.
Наши спонсори са Европейската комисия, Френското министерство по Европейски работи, Френското министерство на младежта, Френски Млади Европейци и асоциациите на Френското Европейско Движение, френската община Нанси и др.
Translator: Iva Dincheva, JEF Bulgaria
19:30 Posted in OUR PROJECT in 5 languages | Permalink | Comments (0)







